21/12/2011 10:52 GMT
Brésil, un partenaire de l’Afrique qui s’affirme!
Alors que la page des deux mandats du Président Lula s’est tournée, la place accordée à l’Afrique...
Alors que la page des deux mandats du Président Lula s’est tournée, la place accordée à l’Afrique dans la politique extérieure brésilienne a connu un développement quantitatif et qualitatif majeur depuis 2003. Face à l’incertitude des résultats électoraux d’octobre 2010, l’une des préoccupations manifestées plus ou moins ouvertement par diverses ambassades africaines à Brasilia tenait d’ailleurs à une possible discontinuité de la politique africaine du Brésil, et notamment une relégation de l’Afrique à une place de second rang dans l’éventualité d’une victoire de José Serra, candidat du principal parti d’opposition, le PSDB. Celui-ci comptait en effet donner une importance moindre aux relations Sud-Sud développées durant la gestion Lula, et se repositionner de manière plus alignée avec les États-Unis et les puissances européennes.
Toutefois, après la victoire de la candidate du PT, Dilma Rousseff, et 6 mois après sa prise de fonctions, on peut remarquer une grande continuité avec la politique africaine de l’administration précédente. Il n’en reste pas moins que le charismatique Lula n‘est plus aux avant-postes pour promouvoir les rapprochements politiques de manière aussi proactive, même s’il continue à tisser des liens avec le continent par l’intermédiaire de son institut, qui devra progressivement servir de plateforme visant partager des expériences de programmes sociaux brésiliens, avec des pays latino-américains et africains. La présidente s’est fixée des priorités surtout internes, notamment des investissements en infrastructures, la poursuite des politiques sociales, voire les réformes très attendues sur les relations capital-travail, les régimes d’imposition, ou encore les systèmes électoraux et de représentation politique. Elle n’aura donc vraisemblablement pas autant de place dans son agenda pour se déplacer aussi souvent en Afrique, et a d’ailleurs envoyé un représentant lors du sommet de l’Union Africaine de 2011 à Malabo.
En outre, l’implication exponentielle du Brésil dans des relations bilatérales et multilatérales avec l’Afrique, et la multiplication de canaux de communication que sont les ambassades brésiliennes en territoire africain et les ambassades africaines à Brasilia devront continuer à donner une plus grande consistance aux échanges, et notamment avec les pays pour lesquels le Brésil a historiquement des relations moins proches (Afrique de l’Est, pays francophones ou anglophones de moindre importance politico-économique). Les entreprises brésiliennes ont un intérêt croissant au dépassement de cette « dernière frontière du capitalisme mondial » que représente à leurs yeux le continent. Le MRE devra toutefois veiller à ce que cette pénétration ne se fasse pas au détriment des populations africaines, et qu’au contraire, il contribue autant que possible au développement. La capacité d’établir un nombre croissant de projets de coopération sera également testée, et notamment en ce qui concerne des projets de plus grande envergure, comme cela semble être le cas pour les projets dans le domaine de l’agriculture. En ce sens, il sera peut-être nécessaire pour le MRE et/ou l’ABC d’augmenter leurs effectifs destinés tant aux relations avec l’Afrique qu’aux actions de coopération, voire également de mettre en place certaines directives prioritaires qui puissent orienter la politique africaine afin d’éviter le risque de dispersion avec des ressources humaines et financières réduites.
En ce sens, le chapitre du document de planification prospective à long terme Plano Brasil 2022 – dont la date d’horizon correspond à l’année du futur bicentenaire de l’indépendance du pays - élaboré par le Secrétariat aux Affaires Stratégiques de la Présidence (SAE/PR) en collaboration avec l’ensemble des ministères, liste parmi les actions prioritaires du Brésil avec l’Afrique le renforcement des actions de coopération dans le domaine agricole, la conclusion de certains accords commerciaux, ou encore l’approfondissement du dialogue politique et de la concertation au sein de la ZPCAS129. L’Afrique apparaît ainsi en conformité avec l’importance que lui a donnée l’administration Lula, au second rang des priorités, juste après l’Amérique du Sud.
Ainsi, on peut s’attendre à une certaine continuité de la politique actuelle, avec peut-être un certain recentrage de priorités en parallèle d’une expansion naturelle résultant de l’accroissement des canaux de communication diplomatiques, des activités de coopération, de l’activité entrepreneuriale, ainsi qu’entre organisations de la société civile. Face à un intérêt grandissant de divers pays africains et malgré une compétition de plus en plus marquée avec d’autres pays émergents, dont certaines économies de taille moins importante que le Brésil mais non moins insérées en Afrique (Corée du Sud, Turquie, Malaisie, pays du Golfe, etc.), le Brésil aura les moyens de poursuivre l’orientation amorcée durant les deux mandats du Président Lula de 2003 à 2010. Cela se fera peut-être en exploitant certaines des niches dont bénéficie le Brésil, notamment le soft power, les avantages comparatifs qualitatifs de ses principales entreprises, ainsi que l’expertise reconnue dans certains domaines prioritaires du développement130. Sur ces trois plans, mais aussi peut-être dans la question du renforcement d’une zone de paix et de coopération dans l’Atlantique Sud, l’association entre le Brésil et le continent africain peut s’avérer mutuellement bénéfique au cours de l’actuel mandat présidentiel brésilien, voire au-delà.
Toutefois, après la victoire de la candidate du PT, Dilma Rousseff, et 6 mois après sa prise de fonctions, on peut remarquer une grande continuité avec la politique africaine de l’administration précédente. Il n’en reste pas moins que le charismatique Lula n‘est plus aux avant-postes pour promouvoir les rapprochements politiques de manière aussi proactive, même s’il continue à tisser des liens avec le continent par l’intermédiaire de son institut, qui devra progressivement servir de plateforme visant partager des expériences de programmes sociaux brésiliens, avec des pays latino-américains et africains. La présidente s’est fixée des priorités surtout internes, notamment des investissements en infrastructures, la poursuite des politiques sociales, voire les réformes très attendues sur les relations capital-travail, les régimes d’imposition, ou encore les systèmes électoraux et de représentation politique. Elle n’aura donc vraisemblablement pas autant de place dans son agenda pour se déplacer aussi souvent en Afrique, et a d’ailleurs envoyé un représentant lors du sommet de l’Union Africaine de 2011 à Malabo.
En outre, l’implication exponentielle du Brésil dans des relations bilatérales et multilatérales avec l’Afrique, et la multiplication de canaux de communication que sont les ambassades brésiliennes en territoire africain et les ambassades africaines à Brasilia devront continuer à donner une plus grande consistance aux échanges, et notamment avec les pays pour lesquels le Brésil a historiquement des relations moins proches (Afrique de l’Est, pays francophones ou anglophones de moindre importance politico-économique). Les entreprises brésiliennes ont un intérêt croissant au dépassement de cette « dernière frontière du capitalisme mondial » que représente à leurs yeux le continent. Le MRE devra toutefois veiller à ce que cette pénétration ne se fasse pas au détriment des populations africaines, et qu’au contraire, il contribue autant que possible au développement. La capacité d’établir un nombre croissant de projets de coopération sera également testée, et notamment en ce qui concerne des projets de plus grande envergure, comme cela semble être le cas pour les projets dans le domaine de l’agriculture. En ce sens, il sera peut-être nécessaire pour le MRE et/ou l’ABC d’augmenter leurs effectifs destinés tant aux relations avec l’Afrique qu’aux actions de coopération, voire également de mettre en place certaines directives prioritaires qui puissent orienter la politique africaine afin d’éviter le risque de dispersion avec des ressources humaines et financières réduites.
En ce sens, le chapitre du document de planification prospective à long terme Plano Brasil 2022 – dont la date d’horizon correspond à l’année du futur bicentenaire de l’indépendance du pays - élaboré par le Secrétariat aux Affaires Stratégiques de la Présidence (SAE/PR) en collaboration avec l’ensemble des ministères, liste parmi les actions prioritaires du Brésil avec l’Afrique le renforcement des actions de coopération dans le domaine agricole, la conclusion de certains accords commerciaux, ou encore l’approfondissement du dialogue politique et de la concertation au sein de la ZPCAS129. L’Afrique apparaît ainsi en conformité avec l’importance que lui a donnée l’administration Lula, au second rang des priorités, juste après l’Amérique du Sud.
Ainsi, on peut s’attendre à une certaine continuité de la politique actuelle, avec peut-être un certain recentrage de priorités en parallèle d’une expansion naturelle résultant de l’accroissement des canaux de communication diplomatiques, des activités de coopération, de l’activité entrepreneuriale, ainsi qu’entre organisations de la société civile. Face à un intérêt grandissant de divers pays africains et malgré une compétition de plus en plus marquée avec d’autres pays émergents, dont certaines économies de taille moins importante que le Brésil mais non moins insérées en Afrique (Corée du Sud, Turquie, Malaisie, pays du Golfe, etc.), le Brésil aura les moyens de poursuivre l’orientation amorcée durant les deux mandats du Président Lula de 2003 à 2010. Cela se fera peut-être en exploitant certaines des niches dont bénéficie le Brésil, notamment le soft power, les avantages comparatifs qualitatifs de ses principales entreprises, ainsi que l’expertise reconnue dans certains domaines prioritaires du développement130. Sur ces trois plans, mais aussi peut-être dans la question du renforcement d’une zone de paix et de coopération dans l’Atlantique Sud, l’association entre le Brésil et le continent africain peut s’avérer mutuellement bénéfique au cours de l’actuel mandat présidentiel brésilien, voire au-delà.
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