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Par : Marie Bodjan
11/08/2011 14:10 GMT

Entretien avec Alexandre Castel.

Alexandre Castel est un jeune ingénieur issu de l’école des Mines de Douai et d’HEC, porteur d’un projet social innovant « STATION ENERGY », il ambitionne de fournir de l’électricité propre et à moindre coût aux zones rurales en Afrique: il est aujourd'hui l'invité de StarAfrica.


Pourriez- vous nous décrire votre parcours scolaire ? 



 



 



 



Je suis ingénieur issu de l’école des Mines de Douai où j’ai suivi une formation initiale sur les énergies renouvelables et les systèmes de management de la qualité, de la sécurité ainsi que de l’environnement. Pendant mes années d’études j’ai fait pas mal de stage en Afrique : au Burkina, au Sénégal et j’ai par la suite prolongé ces études par un Master en développement durable et en entrepreneuriat social à HEC.



La Chaire Social Business de HEC qui m’a permis de me spécialiser sur le développement de produits ou services pour des populations à bas revenus.



 



 



 



Parlez-nous un peu de votre projet « Station Energy » ?



 



 



 



Pour être en cohérence avec mes études, je me suis lancé dans un projet d’entrepreneuriat social qui est le projet « Station Energy » comme vous venez de le dire. Le concept repose sur les énergies renouvelables il s’agit d’offrir une solution d’électrification pour des populations à bas revenus, concrétement un des services que l’on propose est l’accès à l’énergie grâce au rechargement de batterie.



 



 



 



Comment vous est venue l’idée de créer une station d’énergie en Afrique ?



 



 



 



J’ai toujours eu un attrait pour les problématiques de développement Nord-Sud mais aussi pour l’Afrique via mes stages. Travaillant sur les problématiques énergétiques,  mes différentes expériences et rencontres m’ont permis d’aboutir sur le projet « Station Energy » et donc sur cette solution d’électrification.



 



 



 



Vous auriez pu faire du business pur et dur, pourquoi avoir choisi l’entrepreneuriat social ?



 



 



 



Je crois que l’on est dans une période de crise au niveau mondial donc chercher du sens dans son travail c’est au final agir à son milieu. « Think global, Act local » c’est un peu ça l’idée de partir d’une problématique sociétale, sociale, environnementale pour pouvoir créer une activité économique.C’est pouvoir mélanger son activité professionnelle rémunératrice à une problématique que l’on souhaite traiter de façon efficace grâce à l’entreprise.



 



 



 



Que pensez-vous du prix de « l’entrepreneur social en l’Afrique » lancé par Orange ?



 



 



 



Je pense que c’est une bonne chose que les Grands Groupes puissent soutenir des initiatives plus locales de petits entrepreneurs comme moi mais aussi d’ailleurs. Parce que ces démarches sont malgré tout difficiles, il n’est clairement pas évident de faire tenir un business crée à partir de problématiques donc, l’expérience, le réseau d’Orange surtout en Afrique est très pertinent et très en lien avec nos problèmes peut être vraiment enrichissant et on espère pouvoir aller au bout de ce concours.



 



 



 



Selon vous dans quelle mesure de telles initiatives peuvent-elles booster le développement en Afrique ?



 



 



 



Je trouve que les initiatives d’entrepreneuriat social sont assez saines dans le sens où l’on n’a plus de regard condescendant par rapport à des problématiques sociales en Afrique et on vient plutôt faire du business responsable éthique et équitable. Les liens entre le monde occidental et l’Afrique s’amélioreront surement via ce développement  d’activités équitables, ce qui n’a pas été forcement toujours le cas dans le passé. C’est aussi un moyen de relayer les ONG en terme de développement économique c'est-à-dire que quand on développe des projets en tant que ONG on a du mal à donner une viabilité dans le temps au projet tandis que le fait de créer un business fait qu’il génère de l’économie et donc il est autonome et se développe tout seul c’est intéressant et c’est une création de valeur pour tout le monde.



 



 



 



Revenons à votre projet, en dehors du fait d’apporter de l’énergie moins cher dans les zones rurales,  proposez vous d’autres services en parallèle ?



 



 



 



Tout à fait, le projet « Station Energy » permet d’amener de l’énergie propre au sein d’un village et de proposer un socle de développement économique local. Mais en dehors du fait d’apporter de l’énergie on travaille aussi avec différents partenaires des ONG, des organismes de microfinance pour pouvoir accompagner des entrepreneurs de telle sorte qu’ils utilisent cette énergie de façon productive. Concrètement qu’ils créent de petits business grâce à cette énergie que l’on amene. Donc on travaille sur des services annexes type cybercafés, transformation de produits agricoles, une multitude de services et puis bien sur l’alimentation en énergie des services sociaux tels que l’école, dispensaire, mairie etc…



Pour résumer le concept du projet c’est l’énergie comme base de développement économique local.



 



 



 



En tant que jeune entrepreneur vous êtes le plus souvent confronté à quel genre d’obstacle dans la mise en œuvre de votre projet ?



 



 



 



Concrètement je suis confronté à une problématique d’âge et de confiance par rapport aux investisseurs et partenaires même si j’ai la chance d’avoir fait des études qui me permettent de gagner un peu en légitimité cela reste quand même très difficile ; les liens entre l’Afrique et la France sont différents, les méthodes de travail aussi donc il faut savoir s’adapter. L’entreprenariat social est quand même une démarche qui est très nouvelle, on se retrouve dans des situations un peu ambigües où on n’est pas vraiment considéré comme une entreprise et on n’est pas une ONG non plus.On doit donc avoir la rigueur de gestion d’une entreprise  et on ne peut pas bénéficier des aides, subventions dont peuvent bénéficier les ONG. Le positionnement est assez délicat et on essaie de se faire sa place c’est quand même un travail de longue haleine mais sur la durée ça fonctionne.



 



 



 



Pensez-vous déjà à un pays en  particulier pour le lancement de votre projet ?



 



 



 



Concrètement on travaille sur le Sénégal plus particulièrement sur la région nord du Sénégal : St-louis, Podor pour pouvoir lancer un projet pilote de station à l’horizon début-mi 2012 pour ensuite essayer d’en mettre en un peu partout dans les autres pays où la demande sera présente.



 



 



 



Un dernier mot ?



 



 



 



Sur le projet « Station Energy » on essaye d’impliquer les diasporas africaines qui sont basées en Europe dans le développement du projet. C’est un peu sur le même principe que le micro-crédit où on peut prêter de l’argent. On essaye de développer du micro-investissement, vous êtes une association de diaspora originaire d’un village vous souhaitez développer une Station Energy vous pouvez apporter des fonds en tant qu’investisseur sur la station de votre village et donc participer au co-développement. C’est vers cette solution que l’on veut tendre pour pouvoir avoir le maximum de parties prenantes dans le montage du projet et bien entendu dans le financement.



 



 



 



 Pour plus d’information sur le projet «  Station Energy » :



 www.station-energy.com



 



 



 


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