Entretien - Tiken Jah Fakoly, musique, StarAfrica.com

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Tiken Jah Faloky


14/01/2011 15:20 GMT

Entretien - Tiken Jah Fakoly

Depuis quinze ans, il a rejoint Alpha Blondy au panthéon des chanteurs de reggae qui font des tubes...


Depuis quinze ans, il a rejoint Alpha Blondy au panthéon des chanteurs de reggae qui font des tubes et remplissent les stades parce qu’ils disent tout haut ce que la population n’ose parfois même pas dire tout bas. Celui qui est l’une des stars du continent en effet le verbe libre, il dénonce avec audace les injustices, tares et autres travers d’Afrique et d’ailleurs qui tombent  sous sa plume. Entretien avec un esprit contestataire.


Allez-vous participé aux diverses fêtes pour la commémoration des indépendances ?

Je suis opposé au fait de fêtes ce cinquantenaire. J’aurais préféré qu’on organise des coloques, des rencontres aved de plus de larges pans de la société africaine afin de faire le point sur ce qui avait et n’avait pas marché. Au lieu que de dépenser l’argent à organiser des réceptions dans nos systèmes scolaires ou hospitalaires, qui sont catastrophiques. Pour moi, 2010 est plutôt le temps de la réflexion.

Mais si une nation ne célèbre pas le jour où elle a acquis sa liberté, quand le fera-t-elle ?
Allez donc demander aux Africains, en ce moment, s’ils veulent danser ou s’ils veulent travailler, vous verrez la réponse… Nous gouvernements aimeraient bien que les gens dansent, mais le peuple n’en voit pas la raison. Et puis, quelle indépendance ?

Vous êtes symbole d’une certaine réussite africaine…
Ma carrière a évolué dans le bon sens, mais au niveau international, pas sur le continent. En Afrique, je ne gagne rien à cause des pirates qui se remplissent les poches en écoulant des milliers de copies de mes CD sur les marchés, au vu et au su des autorités. Je suis frustré, tout comme un apiculteur de Burkina : le miel français peut être écoulé au « pays des hommes intègres », mais l’inverse n’est pas possible du fait des reglèments post-coloniaux. Notre continent, sera à genoux tant qu’il n’aura pas obtenu sa liberté politique et économique. L’Afrique est le plus grand paradoxe qui puisse exister : c’est l’un de continentes les plus riches, mais sa populatuin est l’une des plus pauvres. On est couverts d’or mais on crève de fai ! Quand je me retourne sur ces cinquante dernières années, je vois un terrible échec, un effroyable gâchis. Comment qualifier autrement le fait que par example, nos matières premières sont achetées aux cours des marchés mondiaux et qu’elles nous reviennent après avoir été transformées en Occident ou en Chine ? Combien d’emplois perdus ! Notre terre est en général riche, souvent bien arrosée. Alors, comment se fait-il que l’on ait du riz chinois ou américain dans nos assiettes.

La culture devait, évidemment, jouer un rôle majeur dans cette révolution des esprits ?
La culture, c’est le point le plus positif du bilan de ces cinquante ans de pseudo-indépendance. On a assité à une explosion de création qui s’est imposée dans le monde sous toutes ses formes, musique, peinture, achitecture, littérature… Même si, je le répète, on ne vend rien dans nos pays ! les artistes devront jouer leur rôle dans cette révolution en réfléchissant au monde dans lequel ils vivent, en s’intéressant à la politique, en faisant passer des messages. Mais je suis optimiste pour l’avenir quand je vois notamment ce nombre croissant de jeunes chanteurs de reggae ou de rappeurs qui ont beaucoup de choses à dire et qui les disent. L’avenir du continent peut passer par la culture, mais encore faut-il que les artistes aient les moyens de travailler dans les bonnes condicions.



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