Sia Tolno, musique, StarAfrica.com

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Par : Francis Dordor
16/12/2011 10:42 GMT

Sia Tolno

Sia Tolno est une artiste guinéenne née le 21 Février 1975 à Guéckédou, ville guinéenne proche de la frontière de la Sierra Léone et du Libéria.


Sia est née le 21 Février 1975 à Guéckédou, ville guinéenne proche de la frontière de la Sierra Léone et du Libéria. C’est à Freetown, capitale de la Sierra Léone où son père enseigne le français, qu’elle passe l’essentiel d’une enfance qui n’a rien d’idéale. Entre la sévérité extrême d’un père qui la bat et le harcèlement de deux belles mères qui en font leur souffre-douleur, Sia s’isole et tente de donner un sens à ce qu’elle endure à travers l’écriture. « Je ne me souviens pas d’une journée qui se soit déroulée sans conflit, sans souffrance, sans tristesse. Je me suis mise à écrire des histoires parce que c’était le seul moyen dont je disposais pour me libérer un peu de ce poids. » Très bonne élève, elle se fait remarquer comme actrice dans le cours de théâtre de son école.  A 19 ans, elle réussit son baccalauréat alors qu’elle s’est réfugiée chez un oncle où elle vit dans un appartement que partage une trentaine de personnes. « Manger, dormir, s’habiller, tout posait problème. » C’est alors que Steady Bongo, chanteur à la recherche d’une choriste, prend contact avec elle. Ses premiers pas dans le monde de la musique s’effectuent tandis qu’elle suit des études d’informatique. Mais ils sont aussitôt remis en cause en raison de l’extension d’un conflit qui opposent des chefs de guerre locaux pour le contrôle de la zone diamantifère du pays. Les hostilités qui vont durer de 1991 à 2002 vont faire entre 100 et 200 000 morts, dont des centaines d’enfants soldats enrôlés de force. Elles vont entraîner le déplacement d’environ 2 millions de personnes. Sia va devoir fuir Freetown et la Sierra Léone en 1995. Elle s’exile dans sa ville natale de Guéckédou, de l’autre côté de la frontière, avant que celle-ci ne devienne à son tour le théâtre de violents combats et ne soit en partie détruite par bombes. Cette immense tragédie lui inspire de nombreuses chansons et l’incite à organiser des concerts pour venir en aide aux déplacés avec le soutien de la P.N.U.D. et de l’Ambassade de France. 

C’est à Conakry qu’elle se réfugie au début des années 2000. Elle y retrouve des musiciens sierra-léonais avant d’être engagée aux Copains d’abord, célèbre cabaret de la capitale guinéenne. S’ouvre une phase plus heureuse de sa vie où elle fait la conquête d’un public grâce à sa voix puissante, expressive et chaleureuse et un répertoire qu’elle adapte à sa personnalité, mêlant reprises de standards de Tina Turner, de Whitney Houston – certains la surnomment d’ailleurs Whitney- mais aussi d’Edith Piaf. Elle trouve sa place dans ce monde de la nuit où son talent, son professionnalisme, ses qualités humaines font l’unanimité. « Je suis devenue l’amie des prostituées et des gens « respectables ».

« Tout le monde m’appréciait. J’ai pris confiance en moi tout en réalisant à quel point je n’étais vraiment heureuse qu’en chantant. » S’offre alors l’opportunité d’enregistrer une cassette qui va rencontrer un certain succès. Une réussite d’autant plus remarquable qu’y apparaissent ses premières compositions originales, chantées en kissi, langue de l’ethnie minoritaire à laquelle elle appartient. Bien que la Guinée soit une terre de musique, le métier de chanteuse y demeure pour beaucoup aléatoire, surtout si vous n’appartenez pas à la caste des griots. Décidée à ne pas rester enfermée dans le circuit des cabarets, Sia se lance dans le commerce d’huile de Palme entre la Guinée et la Gambie. Une parenthèse  dans sa carrière puisque deux ans plus tard elle se rend à Libreville au Gabon représenter la Guinée à la finale d’Africa Star, équivalent africain du concours de l’Eurovision, où elle se classe 3ème. C’est à cette occasion que le chanteur Pierre Akendengué lui présente José da Silva du label Lusafrica qui après quelques maquettes lui fait enregistrer en 2009 Eh Sanga (Souffrance), un premier album réalisé par le guitariste de légende Kanté Manfila, ancien directeur musical des Ambassadeurs et mentor de Salif Keita. On la voit alors se produire en première partie de Cesaria Evora au Grand Rex (novembre 2009), puis sur la scène de la Bellevilloise, à Paris.


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