
Un réalisme sidérant
La CAN s’est achevée et comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas vécu une compétition avec des envolées lyriques. Ce qui peut s’expliquer par le climat : les joueurs sont passés d’un hiver rigoureux à la chaleur angolaise et n’ont pas forcément eu le temps d’adaptation.
02/02/10 09:27 GMT
A cela, il faut rajouter l’état des pelouses, qui à l’exception notable de Lubango, n’était pas de bonne qualité. Sur le plan individuel, il n’y a pas un joueur qui se soit mis en évidence, pas de grosses révélations.
Il faut reconnaître que l’œuvre collective de l’Egypte mérite le titre de champion. L’ironie est que la finale est le seul match que les Pharaons n’ont pas maîtrisé. Sur la finale, les jeunes Ghanéens peuvent avoir des regrets puisqu’ils ont montré autre chose que ce qu’on avait vu dans les matchs précédents. Ils avaient un jeu de contre-attaque et d’attente jusque là mais en finale, ils ont produit du jeu. Peut-être le fait de n’avoir pas pu inscrire un but leur a fait changer de plan de jeu. Ils se sont créé des occasions, mais ont été surpris par le réalisme sidérant de cette équipe égyptienne. L’équipe est homogène, la nation qui a le plus de joueurs qui évoluent à domicile, qui se connaissent, ce qui a réduit le temps d’adaptation.
Concernant les mondialistes, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut tirer des enseignements de la CAN Orange. Ce sont deux compétitions différentes, les pelouses seront différentes. On peut dire néanmoins que le Ghana, l’Algérie et le Nigeria ont fait le boulot. Les deux nations qui avaient le plus de pression, la Côte d’Ivoire et le Cameroun ont été moins en vue. Il faut dire que la majorité de leurs joueurs évolue en Europe et qu’ils ont dû faire face à des équipes regroupées derrière. Je maintiens que ces deux équipes pourront faire un bon Mondial, car elles auront moins de pression, et il ne leur reviendra pas de faire le jeu. Face à des adversaires comme le Brésil ou les Pays-Bas, ou lors des matchs de préparation, les deux équipes sont capables de performances. Elles sont dans le rôle d’outsider, et avec des joueurs très forts qui peuvent faire la différence à tout moment, il y a de bonnes raisons de penser qu’ils feront une bonne compétition en juin.
